Comment se rendre aux Archives départementales :
Pour se rendre dans des Archives départementales, je ne saurai trop vous conseiller de repérer en premier lieu leur situation géographique précise à l’intérieur de la localité où elles sont censées être situées. Évidence ! Me direz-vous… Pas tant que ça en réalité. La logique, la tradition, le B-A-BA de l’organisation administrative veulent que lesdites archives se situent au chef-lieu du département, sous les regards bienveillants et financièrement vigilants du préfet et des conseillers généraux. Certaines poussent l’intégration administrative jusqu’à résider encore dans les locaux mêmes de la préfecture. Logique, tradition, B-A-BA, disai-je, n’allez cependant pas imaginer que tout ceci est mère de systématicité.
Au-delà, et même si vous n’êtes pas affligé, à mon image, d’une étourderie congénitale qui vous fait partir en oubliant de noter l’adresse du dépôt, vous pouvez, fort innocemment, imaginer qu’un service départemental sera forcément signalé par des panneaux indicatifs. Que nenni! A la différence de la gare, nul ne considère qu’il présente le moindre intérêt de guider le pauvre pékin jusqu’à l’Eldorado des vieux papiers, et de fait, les panneaux se situent en général à moins de 100 mètres du dépôt, ce qui vous laisse le bonheur de tourner un bon moment dans une ville inconnue.
Mais trêve de bavardage théorique, place à l’exemplier.
Les petits farceurs :
Archives départementales du Var, 157 avenue Alphonse Daudet à … (raplaplapam – il s’agissait d’un roulement de tambour) … Draguignan! Il en fallait une, voici donc l’exception française. Ne cherchez pas des AD du Var à Toulon, ni au fond de la rade, ni sur le mont Faron, ni dans les locaux des casernes… elles se trouvent, histoire administrative chaotique du département oblige, dans une sous-préfecture, qui n’a évidemment pas le bonheur d’être reliée correctement à la préfecture par le train… et pourquoi pas une gare juste devant les Archives, tant que vous y êtes!
Les introuvables :
Archives départementales de Maine-et-Loire, 106, rue de Frémur, Angers. Bien sûr… sur le site des Archives se trouve un plan…, bien sûr, si vous allez secouer l’arbre Mappy, vous pouvez éventuellement récupérer un autre plan…, mais au booooooout du compte, on se rend compte… qu’on est toujours tout seul à vouloir aller aux archives, et qu’on finit par aller demander au commissariat (mieux indiqué) le moyen de s’y rendre. La rue pourrait être en sens unique, puisqu’une voiture y passe à peine, mais pour votre plus grande joie, elle est à double sens. Lorsque vous arrivez au 106, vous êtes devant une église, respirez, vous avez gagné… n’entrez pas (forcément) faire vos dévotions, longez le bâtiment par la gauche, le Pérou est au fond.
Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 1 rue Jacques Léonard, Rennes. En prélude, deux choses à signaler : 1) il est effectivement complètement impossible de “louper” le bâtiment une fois qu’on l’aperçoit, 2) l’avoir installé dans une rue au nom d’un des plus grands historiens français de la médecine prouve le bon goût de ceux qui ont choisi l’emplacement, et rien que pour ça, on râle un peu moins. Là où l’on écume en revanche… c’est lorsqu’on découvre que ladite rue n’est inscrite sur aucun plan de la ville, et par voie de conséquence, pas identifiable au moyen des méthodes “traditionnelles” de recherche. Là où l’on s’impatiente un chouïa, c’est lorsqu’en arrivant du quasi-terminus de la ligne de métro, on doit savoir préalablement qu’on ne trouvera jamais le panneau “Archives départementales” mais qu’il faudra suivre l’indication d’un pôle administratif. Là où l’on devient chèvre ou brebis, c’est lorsqu’on tente de rejoindre Byzance en quatre roues, et qu’on se perd joyeusement entre le CHU et Rennes 2.
Ajoutons à la liste que les Archives départementales du Puy-de-Dôme ne se défendent pas mal non plus en matière de panneau indicatif (le seul qui existe ne bénéficiant qu’à la moitié des automobilistes, une chance sur deux de le voir).
Les anti-écologiques (ou le désespoir du chercheur piéton) :
Archives départementales de l’Aude, avenue Claude Bernard, plateau de Grazailles à Carcassonne. Ah, Carcassonne! La perle fortifiée du sud-ouest, le bonheur des fans de Viollet-le-Duc, le Hollywood des réalisateurs de films en costumes! Je vous vois déjà, découvrant au fil de vos sources qu’il vous faudra faire un petit séjour dans ce décor de rêve, vous avez connu Avignon et son palais des papes, et déjà la perspective de Carcassonne vous enchante… Déchantez tout de suite. Les AD sont à plusieurs (plein, beaucoup) kilomètres du centre ville, et si vous ne disposez pas d’un joli moteur, vous pouvez immédiatement prévoir une sacrée marche pour atteindre le Graal car le dépôt n’est en aucune manière relié au centre par la moindre ligne de bus. Bienvenu dans le monde merveilleux des dépôts neufs et renvoyés à la bordure des agglomérations (jeunes étudiants pleins d’espoir, pensez Clignancourt ou Aubervilliers, ce seront bientôt les postes avancés d’une Sorbonne déménagée).
A suivre!
